Aklam

Pouvez-vous vous présenter, parlez nous de votre parcours, de votre rencontre avec la musique ? 

J’ai été sensibilisé à la musique par 3 étapes clés. La première : mon père et mes oncles sont musiciens, la seconde : un spectacle plus précisément un opéra jazz en CM2 dans lequel j’ai eu un rôle et pour finir, un groupe de ma ville  » Dernier episod  » m’a insufflé la culture hiphop. 

D’où vient votre nom d’artiste AKLAM ?

Aklam veut dire parole en langue arabe. Mes cousines et cousins au Maroc ont toujours été surpris que je mette autant de temps et d’énergie à écrire alors mon prénom a vite été suivi de mon pseudo. (rires) 

Parlez nous de vos inspirations, vos instruments / sonorités de prédilection ? Quelle est son histoire ?

Mon instrument de prédilection a très tôt été le piano tout simplement parce que mon oncle en jouait puis du coup c’était l’instrument qui m’était accessible. J’y ai fais mes gammes par curiosité puis c’est devenu un instrument thérapeutique. Ceci m’a emmené à m’intéresser à tous les styles de musique, le Raï, le reggae, la musique populaire française entre autres. 

Quels sont les thèmes que vous abordez dans votre musique ? Que voulez-vous dénoncer ? Que voulez-vous honorer ?

J’aborde les thèmes qui me touchent, le déclencheur peut être une confidence d’un proche, un documentaire à la télévision, ou une oreille que j’ai laissé traîner dans le métro (Rires). 
Je ne cherche pas forcement à dénoncer mais plutôt à sensibiliser et à éveiller. 

Souhaitez-vous transmettre un message ou des émotions particulières à votre public à travers votre musique ? Quels sont les retours que vous en obtenez ? 

Évidemment cela serait vous mentir si je vous disait que j’attends pas d’émotions et de réactions, c’est très important que mes textes touchent les cœurs et j’accepte les mauvaises comme les bonnes réactions du moment que c’est constructif. 

Comment décririez-vous votre style ? 

Je dirais que j’ai un style hybride, une sorte de boite de feutre ou de crayons de couleurs. Nous avons été imprégné par la musique orientale, la pop anglaise, la variété, le rap donc forcement cela se ressent dans nos compositions. 

Quel est le processus pour réaliser un EP ou un album ?

Chaque artiste a sa manière de fonctionner. Pour certains c’est les chansons qui donnent le thème de l’album, mais moi je fonctionne différemment. C’est le nom de l’album qui me dirige vers les thèmes. Je donne les grandes lignes à mon équipe, et nous nous mettons au travail pour que musicalement tout soit homogène et cohérent. 

Quels sont les principaux challenges auxquels vous avez dû faire face ?

Les plus gros challenges sont surtout pécuniers, et la quête du temps. Car la musique n’est pas source de revenu pour le moment, donc entre nos vies professionnelles, nos vies de famille et les aléas de la vie il faut avoir une bonne gestion. Voici mon unique challenge. 

Quelles sont, à votre avis, les compétences personnelles importantes qu’il faut avoir pour être auteur / compositeur ? 

L’une des compétences les plus importante c’est d’être à l’écoute et sensible à ce qui nous entoure. Car l’inspiration est capricieuse c’est elle qui choisit les moments où elle décide de vous rendre visite. Sans elle il y a ni écriture, ni musique. Après plus concrètement, il est essentiel d’avoir des compétences dans un instrument, ou dans une machine. 

Comment organisez-vous vos journées ? Avez-vous des routines de travail ?

J’écris soit très tôt le matin, soit très tard le soir, en dehors de ces tranches horaires je ne suis pas du tout productif (rire). J’aime accompagner mes séances d’écriture avec un thé à la menthe. Sur une journée de concert je réfléchis à tous les moyens de contrer les imprévus, évidemment à l’aide de mes proches. Et puis lorsque je suis en studios je suis plus relâché, pas loin d’être un gamin (rire).

Vivez-vous de votre talent ? Bien ou mal ?

Non ! À part pour certains concerts où nous sommes rémunérés, nous dépensons énormément d’argent pour notre musique. Même les bouteilles d’eau c’est pour notre pomme (rire).

Quel est votre rêve d’artiste ?

Je n’ai qu’un rêve, qui est celui de mourir en musique à l’image de Compay Segundo ! Mon pire cauchemar serait que tout s’arrête ou que ma santé m’empêche de pratiquer ma passion.

Qu’est-ce qui le rend difficile à réaliser ?

Les difficultés font parties du package, quand tu signes pour cet art c’est les facilités qui se font rares. 

Quel est votre statut légal par rapport à votre activité artistique ?

Ayant un travail à côté et n’étant pas signé par un label j’ai aucun statut à part celui d’artiste. 

En tant qu’artiste, vous sentez-vous isolé, ou pensez-vous qu’il existe suffisamment de structures pour vous permettre de vous exprimer ?

À Paris il y a beaucoup de structures qui sont conçues pour aider au développement des artistes ! Tu es isolé que si tu le souhaites ! En France culturellement nous sommes bien lotis. 

Pensez-vous que la musique a un rôle social en France ? Si oui, lequel ?

Oui la musique a un rôle sociale mais je la perçois davantage pour accompagner la réflexion et non pour la diriger. Car je chante ma vérité et non la vérité. Sans oublier que l’essence première de la musique c’est de distraire et faire évader les esprits. 

Quelle est la dernière chanson, la dernière voix qui vous a interpellé ?

Il y en a tellement mais je vais dire Ibeyi et Fatouma Diawara.

Quels sont vos projets pour la suite ?

Des vacances entre l’album et les concerts pour défendre celui ci. 

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